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« La fabrication de l’ennemi dans les démocraties »

fabrication de l'ennemi dans les démocraties par les Equipiers

Par Alexandre Beauvais Chiva, co-fondateur et directeur RP

Contrairement à ce qu’on peut lire dans les manuels de relations internationales, la démocratie n’est pas par elle-même porteuse de paix, sinon les colonisations française et britannique n’auraient jamais eu lieu, les Américains ne seraient pas en Irak et les Israéliens ne coloniseraient pas les Territoires occupés. À l’inverse, toute dictature n’est pas belliciste.

Qui fabrique l’ennemi ? Fabriquer de l’ennemi suppose diverses étapes : une idéologie stratégique donnée, un discours, des faiseurs d’opinion que nous appellerons des « marqueurs » et enfin des mécanismes de montée à la violence. Les « marqueurs d’ennemi », ce que les Américains appellent les strategists qu’il faudrait ajouter à la catégorie des marqueurs identitaires des sociologues, sont multiples et différents selon les types de conflits. Si donc l’ennemi est une construction, il doit être possible d’en dresser une typologie : l’ennemi proche, le rival planétaire, l’ennemi intime, l’ennemi caché, la guerre du Bien contre le Mal , l’ennemi conceptuel et enfin, l’ennemi médiatique. Si l’ennemi est une construction, il doit être possible de le déconstruire.

Eviter l’émotion, garder l’esprit critique

La fabrication de l’ennemi est un exercice de lucidité politique fondé sur l’axiome selon lequel il ne faut pas, sans examen critique, adhérer à la propagande de son propre camp. Celle-ci étant masquée, drapée de sentiments vertueux et vouant l’autre aux gémonies.

« Le prêt à penser politique contemporain trouve ici un miroir sans complaisance. »

Sans ménager, ce qui va de soi, les dictatures, examiner sans indulgence les « deux poids deux mesures » si souvent utilisés par les démocraties qui se prétendent les plus moralement respectables. En chemin, je rappelle que l’idée reçue, d’ailleurs fort récente, selon laquelle celles-ci seraient, par nature, pacifiques, est largement détrompée par les faits. Les démocraties peuvent aussi se faire la guerre, il suffit, à cet égard, que leurs intérêts soient suffisamment antagoniques.

Nous devons signaler la capacité des anciennes victimes à devenir des bourreaux, ce dont témoigne, dans la plupart des pays nouvellement indépendants, l’oppression des minorités ethniques ou religieuses.

L’ennemi en tant qu’objet politique et montre comment, de part et d’autre (la guerre de 1914-1918 est à cet égard exemplaire) on démonise l’Autre. C’est évidemment plus facile encore lorsqu’il y a une différence raciale. A cet égard, les propagandes américaines et japonaises durant la guerre du Pacifique sont toutes deux d’un racisme exemplaire.

La typologie de l’ennemi est particulièrement intéressante dans le cas des guerres civiles, ces conflits particulièrement cruels du Même au Même.

D’autres catégories sont décrites avec précision, comme celle de l’ennemi caché qui a une longue tradition fondée sur le complot comme explication de l’histoire. Cette perception continue, notamment en Orient, à avoir nombre d’adeptes. Encore que, dans des pays qui ne comptent guère d’analphabètes, les accusations portées contre les empires ou les axes du mal ont pu, encore récemment, rencontrer une adhésion notable et qu’il était couteux de les réfuter aux États-Unis, pays hautement démocratique.


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